Numérique

Locations saisonnières : Oui à un complément de revenus occasionnels, non aux professionnels de l’abus !

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Comme beaucoup de Parisiens, je vis le développement du numérique comme une opportunité extraordinaire. Mais certains aspects sont de véritables bombes pour notre présent et notre avenir. L’arrivée de AirBnB est certes une source de renouveau et un complément intéressant pour notre offre touristique, mais qu’observons nous ? Des immeubles entiers deviennent des résidences hôtelières qui privent les salariés, les fonctionnaires, en encore les étudiants, d’une possibilité d’habiter Paris. En effet, il faut en moyenne quinze jours d’occupation pour atteindre le revenu d’un loyer classique, sans les contraintes d’impayés.

L’immobilier est ainsi progressivement racheté à des prix délirants puisque la rentabilité AirBnB l’y autorise. Sans compter le peu de contrôle sur la déclaration fiscale des revenus et l’absence de TVA.

Les voisins sont également impactés par l’arrivée régulière à toute heure du jour et de la nuit, de touristes qui utilisent des équipements qui ne sont pas conçus pour un usage type hôtelier (musique, TV…). La conséquence saute aux yeux : il devient encore plus difficile d’acheter ou de louer dans la capitale. En parallèle, de nombreux commerces de proximité (pressing, serruriers, etc.) disparaissent dans le centre de Paris déserté d’habitants. Si nous réfléchissons bien, tout le monde perd à ce dévoiement du système.

Depuis plusieurs semaines, et après avoir reçu les syndicats hôteliers, les représentants des syndics de copropriétés parisiens et malgré les différentes réformes de l’exécutif parisien sur cette question, il apparait plus que jamais nécessaire de modifier en profondeur la législation.

Aussi, et en parallèle à cette offre touristique que nous entendons promouvoir, il nous faut opter pour une position « AirBnB Friendly » mais strictement encadrée.

Je propose, à l’image de la décision prise par la municipalité d’Amsterdam, que seul le domicile fiscal (résidence principale) puisse être loué et dans une limite de 60 jours par an. AirBnB devra alors fournir au propriétaire et à l’administration fiscale une fiche de location afin de permettre le contrôle déclaratif des revenus perçus par les loueurs.

Les différentes mesures prises (une taxe de séjour, un contrôle physique d’utilisation, un fichier déclaratif municipal, un maximum de 120 jours théorique par an de location) ne peuvent être efficaces et dissuasives des abus. Oui à un complément de revenus occasionnels, non aux professionnels de l’abus !

Par Sylvain Maillard