Le Parisien – Législatives à Paris : la droite sous tension dans la 1ere circonscription

Publié le Publié dans Législatives 2017

Un sortant qui renonce, un candidat investi menacé par un dissident… La droite avance divisée face au mouvement du nouveau Président.

La 1ere circonscription de Paris va-t-elle être emportée par la vague Emmanuel Macron qui a submergé Paris lors de l’élection présidentielle ?

A cheval sur quatre arrondissements, les Ier, IIe, VIIIe et une partie du IXe, cette circonscription était, jusqu’ici, tenue par le parti Les Républicains. Depuis les élections municipales, avec le IXe arrondissement tombé aux mains de Delphine Bürkli (LR), cette circonscription paraissait encore un peu plus ancrée… à droite. Mais c’était sans compter sur le tsunami En Marche qui rebat totalement les cartes. A l’occasion de la présidentielle, le mouvement d’Emmanuel Macron est arrivé en tête dans le IIe (arrondissement à gauche) mais aussi les Ier et IXearrondissements tenus par la droite.

Seul le VIIIe a placé François Fillon en tête (avec 50,4 %). Le paysage électoral de la circonscription se trouve donc totalement bouleversé. D’autant plus bouleversé que le député sortant, l’élu Pierre Lellouche (LR) a décidé de jeter l’éponge trois jours après le premier tour de la présidentielle.

Une nouvelle page va donc s’écrire à l’occasion de ces élections.

Pour tenter de prendre la succession de leur député sortant, les Républicains ont décidé d’investir le maire (LR) du Ier arrondissement Jean-François Legaret. « Avec une campagne aussi courte il nous fallait un candidat qui a déjà une certaine notoriété. Jean-François Legaret est connu et reconnu et en plus il a été le suppléant de Pierre Lellouche », plaide Philippe Goujon, président de la fédération LR de Paris. « Notre ancrage local nous sert », veut croire Jean-François Legaret.

Ce choix a néanmoins provoqué des crispations au sein de la droite. La jeune génération d’élus plaidait pour un candidat du « renouvellement ». Vincent Baladi, adjoint à la maire (LR) du VIIIe, a décidé de relever le défi et se présente en candidat dissident. « Notre parti choisit d’ignorer la volonté de renouvellement largement exprimée par les Français et ne tire pas les conséquences nécessaires au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron », déplore l’élu soutenu par la maire du VIIIe Jeanne d’Hautesserre.

Cette division à droite jouera-t-elle en faveur du candidat de la République En Marche, l’élu Sylvain Maillard ? Il n’est ni maire d’arrondissement, comme le candidat LR/UDI, ni adjoint de la maire de Paris, comme la candidate PS, mais il a reçu le soutien d’Emmanuel Macron lui-même venu lui rendre visite entre les deux tours de la présidentielle à l’occasion d’une opération de tractage rue des Martyrs (IXe). De quoi faire bondir sa notoriété !

« C’était un beau cadeau qu’il nous faisait. D’ailleurs, j’ai utilisé la photo faite ce jour-là sur mon tract de campagne », sourit le macroniste. Investi par la République en Marche la semaine dernière, Sylvain Maillard compte sur la dynamique « Macron » pour faire le plein de voix. « Depuis la présidentielle, on a près de 20 % de militants en plus… c’est un signe ! »

« Cet UDI a été élu en 2014 sur les listes de NKM, en 2015 sur les listes de Valérie Pécresse, c’est un élu de centre droit », martèle quant à elle la socialiste Pauline Véron, qui espère faire le plein des voix de gauche.

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