Europe

Aujourd’hui, l’amitié France-Allemagne doit être au service de la paix en Afrique

La France et l’Allemagne en se tournant mutuellement vers l’Afrique vont redonner une perspective de développement et de paix à notre amitié.

Le 22 janvier est une date anniversaire: celle du Traité de l’Elysée, par lequel Konrad Adenauer et Charles de Gaulle en chefs d’Etat visionnaires avaient décidé en 1963 de forger une amitié franco-allemande au cœur de l’Europe. Moins de 20 ans après la fin de conflits qui pendant près d’un siècle avaient fait des millions de morts des deux côtés, et avaient précipité notre continent et le Monde dans la Guerre, cette décision de fonder la construction de l’Europe sur une relation de coopération, d’amitié et de Paix unique entre nos deux pays doit continuer à nous inspirer.
Je suis chef d’entreprise d’une génération née 10 ans après le Traité et qui a pleinement profité de ce qui a été bâti à partir de la volonté initiale. J’ai fait une partie de mes études en Allemagne, j’y ai travaillé, j’ai une filiale de mon entreprise à Cologne. La relation franco-allemande comme moteur de l’Europe politique est une notion qui me tient à cœur, tant je la vis et l’entends répétée par les hommes politiques depuis mon enfance. Aujourd’hui il est temps de donner une nouvelle perspective et un nouvel horizon à notre couple France-Allemagne.
Aujourd’hui élu député, j’ai l’honneur en qualité de vice-président du groupe d’amitié parlementaire France-Allemagne d’accompagner le Président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, de Paris à Berlin pour célébrer cet événement.

Je crois à l’action et à la dynamique. C’est l’esprit d’Emmanuel Macron et la philosophie de notre mouvement la République En Marche!
Si je crois nécessaire de continuer de célébrer et d’affirmer l’amitié franco-allemande, il faut sortir du confort d’une congratulation mutuelle héritée des années 60, 70 et 80 et nous repositionner dans la réalité du XXIe siècle. Il faut redonner un sens et une perspective à notre amitié afin qu’elle soit inspirante pour un nouvel élan européen.
Allemagne et France: nous nous regardons amoureusement l’un l’autre, mais il faut aujourd’hui tourner notre regard, pour le porter ensemble dans une nouvelle et même direction. C’est vers l’Afrique que notre intérêt économique et sécuritaire commun, nous oblige à orienter naturellement ce regard renouvelé.

L’explosion de la démographie africaine qui est passée de 230 millions d’habitants en 1950, à 1,25 milliard aujourd’hui et probablement 2,5 milliards en 2050 et 4 milliards en 2100 peut-être pour la France et l’Allemagne constitue à la fois une menace pour la sécurité et la paix et une opportunité extraordinaire de développement économique.
C’est une responsabilité qui nous oblige et doit devenir aujourd’hui une priorité absolue.
Soyons lucides: la paix et la prospérité européenne passe par la paix et la prospérité africaine.
Si nous ne nous tournons pas vers l’Afrique dans une logique positive de développement, nous porterons la responsabilité de l’inaction et serons les observateurs et les victimes du premier danger sécuritaire pour l’Europe, celui de conflits dont nous ne maîtriserons pas l’ampleur. Ne nous trompons pas : la crise de 2015 qui a vu près de 1 million de réfugiés arriver en Europe ne fut qu’un simple avertissement.

La France et l’Allemagne ont une histoire différente avec le continent africain. Or, c’est toujours dans la différence que la relation franco-allemande s’est construite. C’est pourquoi il appartient aujourd’hui à la France et à l’Allemagne d’écrire ce nouveau chapitre de l’Histoire des peuples et des deux continents.
Je crois à la rénovation de la belle idée originelle du Traité de l’Elysée d’un couple franco-allemand moteur de l’Europe. La France et l’Allemagne en se tournant mutuellement vers l’Afrique vont redonner une perspective de développement et de paix à notre amitié. Dans la délégation qui me conduira à Berlin, je m’efforcerai de convaincre tous nos collègues allemands et français de la responsabilité commune qui nous incombe et qu’il convient d’assumer vis-à-vis du continent africain.

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